D’où vient donc le nom de la commune de SILLINGY ?
Les burgondes venaient d’un territoire situé entre l’Older et la Vistule, qui constitue aujourd’hui une bonne partie de la Pologne (mais attention aux amalgames faciles, ce ne sont pas des Polonais !!!). Ils en sont partis vers 275, à la mort de l’empereur romain Aurélien, attirés, comme bon nombre d’autres tribus germaniques, par les richesses de l’Empire romain. Il leur a donc fallu presque 170 ans avant d’arriver dans nos régions. Ils partirent d’abord vers le sud, droit vers l’Empire romain, mais furent arrêtés par la nouvelle que le nouvel Empereur, Probus, amassait ses armées de ce côté pour empêcher les Germains d’envahir l’Empire. Les Burgondes étaient parmi les derniers des Germains à se mettre en route vers les frontières de l’Empire romain, avec cette autre tribu germanique qu’ils rencontrèrent sur leur route vers le sud : les Sillingii ou Sillings. C’est à ce moment qu’une partie de ces Vandales Silings prirent la route vers l’ouest avec les Burgondes. L’autre partie restait sur place, pour donner le nom de l’actuelle Silésie, territoire partagé entre la Pologne et République Tchèque. Silésie et Sillingy ont donc une origine étymologique commune qui vient du nom de la tribu germanique des Vandales Silings. Donc, après un long séjour dans le sud de l’Allemagne (ils y arrivèrent vers 280), quelques aventures vers l’ouest, des batailles avec les Romains, avec d’autres Germains comme les Alamans, nos Burgondes et nos Silings arrivent autour du Léman en 443 et s’installent parmi les descendant des Allobroges, les celto-romains Viennois. Il faudrait un autre article por développer un peu plus l’épopée des Burgondes entre 280 et 443. Il y a donc de forte chance pour que notre commune soit le lieu où se sont installés les Silings survivants de 150 ans d’aventures dans le sud de la Germanie occidentale et qu’ils aient donc laissé leur nom à ce village. Avant de conclure, j’ai encore deux choses à raconter. D’abord que les Vandales étaient composés de deux tribus : les Silings et les Asdings. Ces Vandales, qui donnent bien évidemment leur nom au mot vandale, et qui étaient donc aussi des Germains, ont voyagé jusqu’en Afrique du nord, où ils ont pris Carthage et fondé un royaume, dirigé par le roi Vandale Genséric. Les Vandales étaient (malgré leur mauvaise réputation actuelle !) parvenus a un degré de civilisation qu’aucun autre peuple germain de cette époque n’atteignit jamais. Leurs descendants sont les Berbères aux yeux clairs que l’on rencontre en Afrique du Nord. Les Sillingiens et les Berbères sont donc peut-être cousins, par leurs ancêtres Vandales Silings et Asdings ! La dernière chose est à propos des dons d’éleveurs des Burgondes. Ils avaient réussi à créer les meilleures races bovines de l’époque et elles supplantèrent à leur arrivée les races gauloises. Ainsi un auteur suisse reconnaît que la noire et blanche de Fribourg, la tachetée rouge de Simmental et la Montbéliarde descendent de ces vaches burgondes. Il est à noter également que les Burgondes, comme les Vandales et les Goths, dont l’économie était basée sur l’élevage, avant de parvenir dans les limites de l’Empire romain, ignoraient le concept de propriété privée du sol, celui-ci appartenant en communauté, au clan ou à la tribu Source : « Les Burgondes », Oddet Perrin, éditions de la Baconnière, Neuchâtel Les Viennois , qui sont les anciens Allobroges ont été soumis définitivement par les Romains en 61 av. J-C. On parle d’Allobroges avant cette date, de Viennois après, mais il s’agit du même peuple. Les Mérovingiens sont une tribu franque, et n’ont rien à voir avec les Burgondes, même s’ils étaient contemporains. Leurs territoires étaient bien distincts, les Mérovingiens occupant le nord des Gaules. Il est à noter que la terminaison –ings, ou –ingi signifie « peuple » ou « tribu », et qu’on la retrouve dans Tanninges et Fillinges pour ce qui est des toponymes, mais aussi pour les noms des tribus germaniques, dans Asdings, Lacrings, Scodingi, Tingis (Tanger). Les Alamans donnent son nom à la Suisse alémanique, et par abus de langage, qui donne en français, leur nom aux Allemands.
Eric VERNEY |
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